Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 10:20
OK. L'éclatement postmoderne a eu lieu. Nous recomposons, avec des bribes, des fragments, le discours d'un sens possible.

Temps sans doute de substituer à l'universalisme des Lumières un singularisme solidaire et aimant.

Il y a dans l'idée même d'universalité ce que disait D.H Lawrence : "Cet amour sans limite est comme la puanteur d'une chose gâtée en son centre".

Ne plus partir d'un principe général, y aboutir par ce chemin substantiel qui passe par une chose puis une chose puis une chose. Il est temps de particulariser l'universel.

Le rendre mieux apte à la singularité, à l'altérité, à la diversité - au mouvement.

Vers un universalisme nomade.
Par Slash - Publié dans : l'éveil citoyen
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Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /Mars /2007 17:59

Chaque citoyen prend part à la comédie démocratique de l'état, mais si le pouvoir lui était donné, qu'il puisse en user à sa guise, chaque citoyen pris séparément ne bâtirait guère plus qu'un totalitarisme... à la mesure exacte de ses propres égoïsmes.

Par Slash - Publié dans : l'éveil citoyen
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /Mars /2007 16:43

Nombre de mots employés par :

Un lettré

30 000 mots

Une personne cultivée

15 000 mots

L'homme de la rue

3 000 mots

Un homme politique en campagne

1 500 mots

Un manager international

1 000 mots

Un leader syndical

800 mots

Un participant à un reality-show

500 mots

Un utilisateur de SMS

200 mots

L'Homo Sapiens

100 mots

Une " société de communication " se définit donc par le périmètre limité de son vocabulaire. L'augmentation des échanges dépend directement de la réduction de la teneur des messages. Donc l'économie de la communication accroît ses profits à proportion inverse de la diversité et de la complexité de ce que nous avons à transmettre et à recevoir. On ne peut multiplier les échanges qu'en simplifiant le message à l'extrême. Plus on communique, moins l'on dit. Plus on échange et plus on s'éloigne du réel.

Or nous savons que tout discours qui tente de tenir le réel à distance est un discours propagandiste. La " société de communication " a offert une forme fun et festive au discours totalitaire.

Par Slash - Publié dans : l'éveil citoyen
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 14:56

La France aime-t-elle toujours sa jeunesse ? D’évidence la réponse est non. Reportant sur les générations montantes le poids de leurs dettes, de leurs gabegies, de leurs indifférences, les seniors ont bloqué un système à leur unique profit. Jusqu’à quand ?

De la formidable promotion sociale et culturelle dont a bénéficié la génération d’après-guerre (baby-boom) à la toute aussi formidable décélération que n’ont cessé de connaître les générations suivantes, surgissent désormais quelques vérités solides et attestées ; qui en disent long sur l’incurie de premiers et sur la légitime frustration des seconds.

Cela fait désormais trente ans que l’ascenseur social est coincé entre deux étages. Les enfants de la Libération ont eu droit à tout. D’abord un niveau de vie en progression constante, en partie à cause du besoin de renouvellement des élites disparues lors du conflit mondial, mais aussi grâce à la démocratisation des études. Une société de progrès pour tous, fondée sur les mérites personnels et le sens de l’effort, où l’on peut commencer au bas de l’échelle et finir tout en haut. Mais aussi une évolution sociologique sans précédent : révolution des mœurs, libération des corps (loi Veil de 1974 sur l’avortement), explosion de la société des loisirs, allongement de l’espérance de vie …

Dénommée à juste titre « Les Trente Glorieuses », cette période où la richesse, par la grâce de l’inflation, venait en empruntant, s’est achevée progressivement à partir du milieu des années 70. Non par une révolution, comme l’aurait voulu le mythe de Mai 68 ; mais par le basculement d’un capitalisme industriel vers un capitalisme financier.

A partir de là le résultat des entreprises s’est mis à compter beaucoup moins que leur croissance. Conséquence : le chômage de masse, où le licenciement est devenu, à l’inverse de tout ce que l’on croyait savoir jusqu’alors, une variable de profitabilité. Et l’inflation a été jugulée. Ainsi l’extraordinaire développement de la productivité, lié notamment à l’informatisation, n’aura à aucun moment profité aux salariés. 

Cependant ce chômage de masse a touché différemment les catégories. Entre le jeune diplômé à qui le monde du travail s’est brusquement fermé et le baby-boomer mis en retraite anticipée avec un véritable pont d’or, le différentiel est abyssal.

Quant à ceux qui parviennent, au prix d’un véritable parcours du combattant, à s’inscrire dans le monde du travail, de cruelles désillusions les attendent : en 1975, entre un salarié de 30 ans et un salarié de 50 ans, le traitement variait de 15% en faveur de ces derniers ; aujourd’hui cette variation est de 50%.  Pas étonnant. Notre société ressemble à s’y méprendre à une gérontocratie : 85% des députés ont plus de 45 ans, dont une bonne partie monopolise l’hémicycle depuis plus d’un demi-siècle… Idem pour les postes de pouvoir, où les décideurs semblent tous fort loin de vouloir passer la main ; bloquant les places qu’ils confondent souvent avec une concession à perpétuité. Et regardez bien l’air béat des seniors en pleine forme dans les aéroports ; car ce sont les derniers  - ceux qui suivent vont devoir travailler, eux, jusqu’à 75 ans.

De quoi désespérer une jeunesse qui doit se contenter d’un des plus maigres investissement par étudiants (Les Etats-Unis dépensent deux fois plus que nous pour leurs étudiants). Elle constitue le plus fort contingent de travailleurs pauvres.

Avec l’explosion déraisonnable de l’immobilier, le peu que gagne la jeunesse sert surtout à retourner aux seniors, qui en sont les heureux propriétaires, sous forme de loyers exorbitants. Les contemporains de 68 ont décidément su s’accommoder de la fracture sociale avec un naturel confondant. Laissant le soin aux générations futures de régler la note de toutes leurs hypothèques : état écologique de la planète (dérèglement climatique) ; faillite des systèmes de soins et de ses moyens de financement ; dette publique… Même si, individuellement, certains toilettent leur bonne conscience en aidant financièrement leur propre progéniture jusqu’à un âge avancé ; ce qui ne fait qu’ajouter un égoïsme de plus à leur intraitable incurie.

Dans tous les domaines on observe le retour d’une conception clanique du partage du travail. Balayant la méritocratie des « Trente Glorieuses » : les « enfants de » sont désormais de retour partout dans les formations les plus prestigieuses, partout aux postes les plus valorisants. Avec en retour docilité, soumission aux anciens, manque d’autonomie, perte d’inventivité.

L’égalité des chances, ce pilier républicain, personne n’y croit plus. La notion de progrès continu ? Effondrée, balayée, disparue. Mais alors : pourquoi le corps social ne se mobilise-t-il pas ? Si la société ne réagit pas plus, c’est que comme toujours chacun courbe l’échine en attendant la sanction dans son coin, espérant secrètement que c’est sur le voisin qu’elle finira par s’abattre. Incapables de saisir la société dans sa réalité évolutive, les seniors se contentent de profiter de leur sort comme si de rien n’était, tandis que les jeunes sont trop accaparés à remplir ce tonneau des Danaïdes qu’est devenue leur existence pour organiser la résistance.

Pourtant des signes explicites sont là, notamment en banlieue ; mais pas seulement. Si la présidentielle qui s’annonce est celle des seconds rôles, avec ce match un peu ubuesque entre Sarkozy et Royal, c’est uniquement l’expression de la volonté populaire de tourner le dos aux dinosaures politiques, d’en finir avec les gérontes. Signe que la facture sociale peut être réglée en retour par une réelle fracture générationnelle.

Par Slash - Publié dans : l'éveil citoyen
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Samedi 3 mars 2007 6 03 /03 /Mars /2007 16:40

Distribution, fabrication : les investisseurs sont désormais partout. Impulsant au secteur la logique qui est la leur. De sorte que peu à peu, à son contact, le milieu de l’optique change et se transforme. Mais comme le roseau, il plie mais ne rompt pas.

Principal carburant de l’économie depuis la moitié des années 70, les finances se sont mondialisées en même temps qu’elles se sont anonymisées : les fonds de placement qui règnent désormais sur l’échiquier de l’actionnariat appartiennent à tous et à personne. Ce sont les veuves de guerre américaines, les petits épargnants plaçant leur argent en vue d’un complément de retraite. 

Le boom de l’industrie est né de la rencontre du monde de l’usine avec les masses humaines : masses de travailleurs et masses de consommateurs. Eh bien la constitution de retraites par capitalisation entraîne une même massification au niveau financier. La constitution de fonds de pension à une échelle jamais vue est un phénomène économique nouveau, qui a pour principal effet de lier le salarié et le capital. Bousculant les lectures univoques, tranchées et pour tout dire idéologiques qui prévalaient jusque là.

L’argent circule donc de plus en plus et de plus en plus vite. Mondialisé et anonyme, il achète et il vend avec sans cesse le même paradoxe à dénouer : comment rendre à l’actionnaire ses 15% ou 20% promis, sur une économie qui ne génère guère que 3 points de croissance ?

Il faut donc découpler la profitablité financière de la profitabilité réelle. Avec certes ses dérives et ses aveuglements : Enron. Mais aussi ses vertus toujours possibles : la maximisation de la productivité et donc, idéalement, de la compétence.

Lorsque l’économie ne peut générer par elle-même les 15% dus aux actionnaires, les nouveaux propriétaires n’ont d’autres choix que de se lancer dans la course au développement externe (rachat de société et élargissement du périmètre), ou encore dans la réduction drastique des coûts internes ; souvent les deux stratégies vont d’ailleurs de pair. D’un côté le phénomène pousse à la concentration et au gigantisme, de l’autre à une rationalisation forcenée. Concentration : tous domaines confondus on annonce déjà que ne survivront à ce jeu-là que les trois premiers acteurs de chaque spécialité. Dès lors la notion tellement créative de libre concurrence s’efface peu à peu devant la montée de monopoles qui ne veulent pas dire leur nom. Rationalisation : le produit le plus rentable tend à se définir comme la plus grande médiocrité tolérable par un marché (en qualité de fabrication, en qualité de distribution, en qualité sociale).

Un fond de placement acquiert une entreprise pour une durée de cinq ans en moyenne. Avec ces seuls objectifs en tête. Aussi légitimes soient-ils, ceux-ci génèrent immanquablement une pensée du court, voire du très court terme. Ensuite ? L’entreprise est revendue à un autre pack d’actionnaires, qui va recommencer pour cinq ans le même processus. Y a-t-il un terme à cette logique ? Pas vraiment, puisque même si peu à peu l’attractivité de l’entreprise finit par décliner, chaque investisseur mesure la pertinence de son achat par rapport au prix de vente et au potentiel de l’affaire.

Voilà donc la grande aventure du capitalisme en train de s’orienter vers le monopole et le culture du moindre.

Exaltant…

 

Par Smiley - Publié dans : l'éveil citoyen
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