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Mercredi 16 mai 2007

Lagardère (Hachette, Europe 1, Le Monde…), Dassaut (Socpresse, L’Express, Le Figaro) Rothschild (Libé), Bouygues (TF1) : l’armement, la banque d’affaire et le bâtiment contrôlent entièrement les flux d’information de notre pays.

Ces acteurs qui concentrent le pouvoir de l’information et de l’édition font partie des premiers cercles des deux candidats à la récente élection présidentielle. D’où ces Unes où alternativement, depuis des mois, le portrait de l’un succédait au portrait de l’autre. Avec des reportages rarement intéressants : là n’est pas la question, il suffit d’occuper le terrain, ce fameux « temps de cerveau disponible » (Le Lay dixit).

Notre pays est la seule démocratie où le Président désigne les journalistes avec lesquels il souhaite une interview. Questions préparées à l’avance, sans droit de suite – ce droit qui permet à un journaliste américain de poursuivre sa question jusqu’à ce qu’il obtienne une réponse jugée satisfaisante. En France, on en est toujours à la fameuse réplique de Marchais : A un Jean-Pierre Elkabach, rendu téméraire devant un politicien éloigné des sphères du pouvoir, se plaignant qu’il ne répondait pas à sa question, Georges Marchais, du haut de sa superbe rhétorique digne des mondes de Kafka ou d’Orwell, rétorqua par un cinglant « Oui mais c’est ma réponse »... Trente ans après on en est toujours là.

Ce contrôle absolu, loin d’être une main invisible tant ses confiscations sont flagrantes, a entraîné progressivement le pays vers une totale unidimensionnalité de la pensée politique. D’où le croisement auquel on assiste actuellement entre la gauche et la droite. Au risque, majeur, de briser l’aspiration à un pacte social et de provoquer une décohésion de tout le système. Décohésion dont nous ne sortirions alors que par le recours à des discours forts…

La mondialisation livre les Etats à un processus historique qui les dépasse. L’information des citoyens est aujourd’hui aussi importante que l’eau ou l’air que l’on respire. Comme eux, elle est polluée. Ses sources se tarissent. Sa pluralité n’est plus assurée. Il est temps, grand temps, d’en appeler à un véritable Pacte Ecologique de l’Information Pluraliste.

Par Slash - Publié dans : l'éveil citoyen
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